HUGO GRAU, ESPOIR FRANÇAIS

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« Chaque année en France, des milliers de femmes et hommes suent sang et eau dans l’ombre des salles de boxe. Certains veulent apprendre à combattre, d’autres viennent se défouler ou se lancer des défis… une petite poignée seulement est destinée à briller jusqu’aux plus hauts sommets du Noble Art. Une technique innée, une gestuelle ou le punch qui fait la différence et saute aux yeux. Leur talent se démarque et se remarque au fils des compétitions amateurs, ils sont nos champions de demain, nous leur donnons ici la parole. »

HUGO GRAU (52v-10d)

Commencé à l’âge de 7 ans dans le garage de son père Nicolas, Hugo Grau grimpe rapidement les échelons du Noble Art en même temps que son grand frère Enzo, jusqu’à devenir l’un des meilleurs espoirs Français, pressenti pour les Jeux Olympiques de 2024.

À 19 ans et en près de 60 combats amateurs, Hugo comptabilise déjà à son palmarès 3 titres de champion de France, une multitude de médailles  lors de tournois internationaux en Équipe de France ainsi qu’une participation à un championnat d’Europe.

Cette semaine après huit mois d’inactivité, Hugo participait au tournoi AIBA Alexis Vastine. En demi finale face à lui, l’Américain Charlie Sheehy, près de 200 combats, 17 fois champion national des USA, et des victoires notables face Ryan Garcia et Vergil Ortiz. Hugo n’en fit qu’une formalité. En finale , il retrouvait son rival Rouennais Lounes Hamraoui, vainqueur sur Hugo en février dernier en finale des championnats de France. Il prit sa revanche avec brio en démontrant un progrès impressionnant en maturité et en technique.

Du haut de ses 1m88, Hugo voit loin, et souhaite se donner tous les moyens possibles pour remporter la médaille d’Or des Jeux de Paris, rêve qu’il convoite depuis son enfance avec son frère Enzo… En 2016 à Rio la France a vu le couple Yoka-Mossely rentrer avec l’Or, en 2024 verrons-nous les frère Grau réaliser le même exploit ? 

BN: Comment es-tu tombé dans la  boxe ? 

J’ai commencé la boxe grâce à mon père à l’âge de 7 ans, en le suivant dans la salle où  il entrainait aux Sables-d’Olonne. Mon frère et moi , on la pratiquait sous forme de jeu au début, en s’amusant, par plaisir, et la passion est venue petit à petit. Puis on a persévéré ! 

BN: Quel est ton style sur le ring ?

Je suis un boxeur longiligne, plutôt grand pour ma catégorie. Je me sers beaucoup de mon allonge, mais je reste puissant sur mes coups. Quand je boxe j’essaie de varier entre laisser venir mon adversaire pour me servir de mon allonge et avancer pour aller au combat. Je m’adapte car j’ai les capacités techniques et j’ai la caisse pour aller au front. J’aime m’identifier à des boxeurs comme Terrence Crawford, ou Souleymane Cissocko en France, que j’adore énormément !

BN: Dans quelle catégorie  combats tu aujourd’hui ? 

Je suis chez les moins de 64 kilos mais je vais passer en moins de 69 kilos l’année prochaine pour me positionner pour 2024. J’ai des difficultés à faire le poids et je ne veux pas que ça affecte mes performances plus tard. Je resterais quand même grand pour cette catégorie même si mes opposants se rapprocheront de ma taille. Changer de catégorie dès l’année prochaine me permettra de mieux me former et d’avoir un meilleur gabarit en amont des JO. 

BN: Quel a été le processus pour avoir ta chance à l’INSEP ?  

J’ai commencé avec mon frère très jeune dans mon garage entrainé par mon père. Petit à petit on a progressé, on a commencé par les championnats éducatifs, ensuite amateurs, et on s’est fait repérés  chez les jeunes pour entrer au CREPS. Et via le CREPS en partant faire un stage à l’INSEP, j’ai été détecté sur une mise de gants, puis j’ai fait mon intégration à 18ans. Le principal pour avoir sa chance, c’est de vraiment performer aux championnats de France. Être le numéro 1 !

BN: Les Sables-d’Olonne te manque t-il  ?

Quand on revient pendant les vacances avec notre père ça fait du bien, puis c’est une belle ville ! Ici à Paris c’est super pour la boxe, car aux Sables il n’y a pas grand monde avec qui tourner de notre niveau, mais quand on y retourne c’est un petit bol d’air frais. 

BN: Qu’est qu’une journée type au sein de l’INSEP ? 

Je me lève à 7h du matin, je vérifie mon poids, puis je déjeune. J’ai cours de 8h à 9h30, et à 10h on a entrainement. On travaille le physique, l’endurance, musculation etc… je reprend les cours de 14h à 15h30, et de 16h à 18h on retourne à l’entrainement. L’après-midi c’est sparring! Ensuite on récupère par cryothérapie, balnéothérapie. Et c’est comme ça tous les jours !

BN: Et l’équipe Paris 2024 est-elle mélangée avec celle de Tokyo 2021 ? 

Pas sur l’entrainement du matin, uniquement sur celui de l’après midi. Pour les mises de gants, oppositions ,on tourne tous ensemble en fonction du poids, moi je tourne avec les 64 kg et les 69 kg.

BN: Toute ta famille est dans ce milieu depuis ton enfance, quand on vit boxe, on mange boxe, on dort boxe depuis toujours, on a pas envie de laisser tomber parfois ? Comme une overdose du Noble Art …

Non du tout, au contraire! C’est une passion, on a  jamais été obligé de le faire. C’était vraiment le plaisir et quand tu as toute la famille qui te porte, mon frère qui est à mes coté, tout le monde ensemble sur le ring, c’est le bonheur, on profite un maximum, et on le vit à fond ! Quand on rentre à la maison on sait faire la part des choses entre l’entrainement et la maison donc ça se passe vraiment bien. 

BN: Tu es dans une catégorie très relevée que ce soit en amateur ou en professionnel. Qu’est ce qui va faire la différence en France entre toi et les autres pour les JO 2024 ? Car ils la veulent tous cette place…

Ce sont des catégories très compétitives et qui sont remplies, en France comme à l’international. Je dirais, les détails, peaufiner sa technique, son physique. Je suis jeune, donc je dois emmagasiner un maximum d’expérience jusqu’à 2024. Performer sur les championnats de France, d’Europe et championnats du monde, pour faire ma place et m’imposer. Je vise le plus loin possible, la médaille olympique c’est notre rêve avec notre frère depuis qu’on est tout petit. 

BN: Pour toi c’est une finalité ces Jeux de Paris ? Si jamais 2024 était négatif pour toi , continuerais tu vers 2028 ou passerais tu professionnel ?

Je fais étape par étape. Aujourd’hui mon objectif c’est Paris 2024, après ça, pourquoi pas Los Angeles 2028, on verra comment le plan de carrière se dessine. Forcément dans un coin de ma tête j’ai les ceinture WBC et WBA autour de la taille (rire) ! Mais je préfère rester fixé sur 2024, en plus à Paris, ça va être quelque chose ! 

BN: Comment te prépares-tu pour une compétition ? 

En amateur on a pas comme chez les pros une ligne d’entrainement direct jusqu’à une date de combat. On doit être toujours prêt pour boxer, donc on a des entrainements constants. Après on adapte nos différents type d’entrainement en fonction des compétitions, c’est le travail de nos préparateurs physiques et entraineurs qui sont la pour gérer ça. Mon training camp c’est tous les jours de l’année !

BN: Y a t il de la rivalité parfois entre ton frère et toi ? 

Non jamais, on s’est toujours fait monter tous les deux ! Depuis tous petits, on met les gants ensemble, on se  soutient  et on s’entraide. On veut vraiment aller jusqu’au bout ensemble, c’est un objectif commun. C’est vraiment la fratrie. 

BN: Sans te bruler les ailes, vous vous imaginez avoir une carrière à l’image de ce que représentent les frères Klitschko ou les frères Charlo dans le monde de la boxe ?

Oui complètement, ce serait beau ! Forcément on veut aller chercher les médailles aux jeux, mais après pourquoi pas faire une belle carrière chez les professionnels comme les Charlo le font en ce moment. Il faut le dire, c’est beau et c’est inspirant!

BN: Que penses-tu des comparaisons qui sont faites entre la famille Grau et la famille Vastine dans le monde de la boxe ? 

On a énormément de respect pour cette famille. On a déjà croisé Alain à de nombreuses reprises lors de compétitions, on ne souhaite vraiment pas reprendre leur identité. C’est vraiment beau ce qu’ils ont fait et les Vastine seront toujours les Vastine dans la boxe. C’est une famille qui a marqué l’histoire, d’ailleurs même cette salle porte le nom d’ Alexis. Donc, si on fait un petit bout de chemin déjà ce serait beau. 

BN: Tes parents sont toujours avec toi au coin du ring, ta maman aussi, ça leur fait quoi de voir leurs enfants boxer ? 

Ma maman a un peu plus peur, forcément ça reste une mère protectrice. Mais vu qu’on fait ça depuis tout petit, elle a confiance en nous, elle sait le potentiel qu’on a, donc elle nous encourage. Elle n’est pas là aux entrainements, mais elle est toujours présente au coin du ring pour nous soutenir. 

BN: C’est rassurant pour toi d’avoir ce cocon familial autour de toi ?

C’est sûr que c’est motivant! Voir sa mère en venant dans le coin du ring ça donne envie d’aller chercher le combat, la victoire et de ne pas décevoir la famille. 

BN: Tu viens de remporter la médaille d’Or du tournoi Alexis Vastine ce vendredi, comment est ce que tu juges tes performances ? 

Je suis super fier de mes performances et également très honoré d’avoir rendu hommage à Alexis Vastine. Je sors de ce tournoi avec de belles victoires face à l’Américain multiple champion des Etats Unis, et en final avec une belle revanche sur Lounes Hamraoui ! Donc on peut dire que tout le travail fourni a payé. J’avais à coeur de prendre cette revanche. Cela signifie une bonne progression et un beau futur je l’espère. 

BN: La crise causée par le coronavirus ne t’a donc pas trop affecté sportivement. 

Non, au contraire ,on a de la chance d’avoir notre père entraineur et mon frère pour pratiquer ensemble, on a vraiment travaillé des points importants, ça nous a permis de nous retrouver en famille, ça fait du bien. Mais bon, content de retrouver le ring, ça commençait à être long !

BN: Un petit mot pour conclure ? 

Je souhaite remercier Boxenet pour me mettre en lumière c’est super cool, puis je remercie mes parents, ma famille, mon préparateur mental Damien et tout le staff de l’équipe de France de l’INSEP qui nous entrainent !

Photos Vincent Fenech

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