Arsen Goulamirian, toujours champion du monde !

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3 ans, 3 ans avant de pouvoir défendre une nouvelle fois son titre de champion du monde WBA des poids lourds légers. Difficile de ne pas voir une forme de justice pour Arsen Goulamirian (35 ans ; 27 combats, 27 victoires dont 18 par ko) de conserver son titre ! Au regard d’un Covid qui n’a sans cesse freiné son activité, sa vie de boxeur. Ce titre, c’est celui de l’abnégation d’un champion du monde qui a toujours cru en lui, malgré son manque criant de ring. En face de lui le russe Aleksey Egorov (12 combats, 11 victoires dont 7 par ko), dur au mal, prêt à en découdre et au mental irréprochable.

Car les premiers rounds sont très largement à l’avantage du russe qui pose sa boxe très pragmatique, efficace de maîtrise. Arsen « Feroz » semble dans un premier temps un peu perdu, inhibé par un démarrage trop prudent. Egorov en profite pleinement en distribuant les coups les plus nets. Il remporte les trois premières reprises devant un public de La Palestre inquiet pour leur champion.

Dès lors, Arsen comprend qu’il va falloir changer de rythme et faire beaucoup plus d’efforts pour reprendre le contrôle du combat. Son arme : le jab du gauche qui fonctionne bien pour ouvrir la garde du russe et enchaîner avec des crochets du droit. Les coups sont durs, le rythme est soutenu. Le match devient enlevé, brûlant, irrespirable, mené avec un panache formidable. On le sait, avec ces deux-là, le combat peut s’arrêter sur un seul coup.

Photo ©Facebook Arsen Goulamirian

Mais c’est le français qui contrôle de mieux en mieux les rounds. Ses belles séries font des dégâts et rougissent le visage du russe. Arsen fait mal, plus particulièrement lorsqu’il travaille en bas du corps. Comment fait Egorov pour résister et s’accrocher face à ces avalanches de coups ? L’efficacité de Goulamirian étouffe peu à peu les offensives du russe. L’issue du combat offre une victoire logique aux points en faveur du français à l’unanimité des trois juges : 117/111 ; 117/111 et 116/112.

« Je ne suis pas très content de mon départ, j’étais trop crispé après trois ans sans ring. J’ai manqué de sparring lors de ma préparation, il y avait mieux à faire. L’essentiel est là, c’est la victoire et une bonne seconde partie de combat ».

Mais comment ne pas reconnaître à Arsen le mérite qui lui revient ? Au premier rang, duquel se situe celui d’un champion du monde des lourds légers qui a le goût prononcé pour le travail, l’abnégation. Lui qui fut si souvent lâché, berné et trahi dans son parcours de champion. Maintenant place à l’unification des titres ! Plus de temps à perdre pour celui qui détient la ceinture WBA depuis 2018 !

Au-delà du championnat du monde d’Arsen Goulamirian, le plateau de La Palestre nous proposait une carte exceptionnelle engageant deux français en championnat d’Europe EBU.

Le premier opposait le tricolore Milan Prat (23 ans ; 18 combats, 18 victoires dont 15 par ko) face au néerlandais Stephen Danyo (33 ans ; 29 combats, 20 victoires dont 7 par ko, 6 défaites et 3 nuls). Que dire de Milan si ce n’est qu’il nous épate de plus en plus, sortie après sortie. Samedi soir, le français a bouffé Danyo à la régulière. Par la stratégie d’abord en boxant en ligne avec son jab du gauche. Milan fixe son adversaire pour trouver la bonne distance, puis distribue des coups secs en contre avec sa droite. Et ça touche dès la seconde reprise par une formidable droite au plexus. Danyo a le souffle coupé et préfère mettre un genou à terre. Compté, le néerlandais repart tout de même au combat. Mais milan, intelligemment, ne se précipite pas et cherche à cadrer son adversaire. De là, le français ajuste un gros crochet du gauche à la tempe qui expédie Danyo pour le compte, ko.

« Pour gagner ce combat, c’est la prudence qui a payé. Danyo cherchait constamment à me placer sa droite. Je devais rester prudent et lui répondre en contre. La victoire est là, je suis satisfait car j’ai vraiment travaillé dur pour gagner ce titre ».

Photo © Facebook Milan Prat

Le second championnat d’Europe voyait le français Kevin Lele Sadjo (32 ans ; 19 combats, 19 victoires dont 17 par ko) défendre son titre EBU des supers moyens contre le turc Emre Cukur (29 ans ; 22 combats, 19 victoires dont 3 par ko, 2 défaites et 1 nul).

Pugnace, accrocheur, voire truqueur, refusant parfois de venir à la confrontation, Cukur déjoue la boxe du français qui a toutes les peines du monde pour trouver la bonne distance. Dès lors, Lele Sadjo multiplie les efforts pour user le turc par des frappes sur les flancs. Cukur patiente et cherche le contre, il est sur une stratégie du coup dur. Mais à ce petit jeu, le français continue son travail de sape et parvient petit à petit à asphyxier son adversaire. Celui-ci n’en peut plus, il est à la limite de la rupture. C’est à la septième reprise que Sadjo place un magnifique crochet à la tête qui sonne le turc pour le ko. Celui-ci tente péniblement de reprendre le combat, mais son coin préfère sagement jeter l’éponge.

« Cette victoire fut très difficile à construire face à un boxeur fuyant. Il fallait pourtant que je confirme mon statut de champion. Sincèrement, j’ai beaucoup appris ce soir ! ».

Photo ©Le Cannet ville

Les autres combats ont vu :

  • Sofiane Oumiha l’emporter par ko à la seconde reprise contre le colombien Victor Julio.
  • Voldy Toutin l’emporter par jet de l’éponge contre le belge Sadam Da Silva Caetano.

 

Je dédie cet article à mon ami Benjamin Prat, parti beaucoup trop tôt. Passionné de rugby, Educateur des M12 au club du CARF, tu vas terriblement nous manquer. Je t’embrasse Benji, là-haut dans les étoiles ! Boxenet s’associe à moi pour transmettre nos sincères condoléances à ta femme Laetitia, à tes fils Soan et Léo, à ton frère Sébastien et à toute ta famille.

                        

Yoann Cousin

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